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production : Théâtre de Folle Pensée, Saint-Brieuc //
en coproduction avec : Festival d'Avignon /
Le Grand R, Scène nationale de La Roche-sur-Yon /
Compagnie La place, Paris |
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Des corps incertains et ouverts
La vidéo occupe dans le travail d’Eléonore Weber une place singulière. Ni prolongement de décor, ni élément purement plastique, elle est au cœur de la dramaturgie et déplace le rapport au jeu.
Dans Rendre une vie vivable n’a rien d’une question vaine, le filmeur est présent sur le plateau, il échange quelques mots avec les interprètes. Ne cherchant pas à simplement redoubler leur présence, il leur propose un espace où le partage de la parole se tenterait en dehors de toute profération. Cet espace est celui d’une extrême proximité aux voix, aux visages et aux corps. Il crée pour le spectateur du déphasage dans la perception, déphasage entre l’artifice du théâtre et le supposé réalisme de l’image. Et ce double langage fragilise aussi les repères propres à la théâtralité. Passant sans cesse d’un espace à l’autre, les interprètes finissent par « flouter » les codes de jeu auxquels le principe d’une frontalité les avait habitués.
Le dispositif suscite cette perte de repères où s’inventerait une qualité particulière de présence. Peu à peu la tentative de dire devient partageable, elle est ancrée dans ces corps devenus incertains et ouverts. |
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