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Gianni Grégory Fornet
Gianni Grégory Fornet, le jeune metteur en scène (il a 30 ans) de Sans tuer on ne peut pas, avoue s’intéresser particulièrement à la question du désespoir, du délitement social, de la chute, de l’impureté, autant de thématiques abordées à travers le destin croisé de ces deux femmes.
Après Pièce ouverte, Propriété, 0% de croissance, Gianni Grégory Fornet poursuit sa logique d’essai et d’expérimentation faite d’aller-retour, d’intuitions décortiquées et de variations capables de produire « une matière vivante et incarnée ».
« À partir de 2004, je me suis intéressé à la multiplicité des mises en scène que pouvait permettre un texte, un récit « circulaire » – 0% de croissance, créé à Bordeaux en 2004 – où la répétitivité d’actions identiques ouvrant toujours sur de nouvelles hypothèses révélait une source de travail inépuisable. J’ai, depuis, rencontré d’autres artistes dont la pratique intégrait une même logique d’essais dans un temps de travail expérimental et d’aller-retour. Ce fût d’abord Régine Chopinot, que j’avais invitée sur le plateau de 0% de croissance en interprète danseuse et chorégraphe et dont la présence permit l’approfondissement de cette notion de « variation ».
Puis, il y eut la création des Garagistes, un solo chorégraphique de Régine Chopinot avec Maryse Gautier aux lumières, Nicolas Barillot au son, et auquel je contribuai comme guitariste. J’ai pu éprouver là encore, mais autrement, que la variation produit une matière vivante, incarnée, qui est la matière à spectacle. C’était ce qu’il me fallait sentir. Je mélange dans mon travail les compétences et les sensibilités et tiens à ce que l’identité de chacun y soit visible. Cependant, si l’expérience de fabrication se borne à l’exposition de ces identités, elle reste superficielle et je ne dois pas attendre une incarnation radicale. Maryse, Régine, Nicolas, je demandai à ceux dont je venais d’éprouver la puissance, d’accepter de me rejoindre dans un nouveau projet, pour lequel il me faudrait plus de temps et davantage de moyens que je n’en avais eu précédemment.
Deux ans après 0% de croissance, j’ai fait la démarche d’aller chercher de nouveaux producteurs, pour un objet dont je ne savais rien, hormis que je souhaitais faire fonctionner les amitiés nouvelles et anciennes au cœur même du travail. La complicité d’artistes professionnels était le plus sûr moyen d’articuler mon langage scénique parce que mes intuitions seraient décortiquées, partagées et traduites. Parmi les amitiés de longue date, il y a celle liée avec l’auteur Roland Fichet, par lequel une certaine confiance en l’écriture m’est venue. Il y a l’artiste Benoît Maire à qui j’ai proposé de concevoir la scénographie, mais sans que cela ne change notre rapport, précieux pour ce qu’il est souvent critique quant à ce que nous faisons et vivons, attentifs comme nous sommes à déceler les endroits où survit notre idéalisme. »
Pour ce projet, fidèle à son envie « d’assembler les genres et de rassembler les personnalités », il a réuni autour de lui des artistes venus d’horizons divers. Deux comédiennes : Mireille Perrier, que l’on connaît notamment pour son travail auprès de Philippe Garrel ou Leos Carax, et Marie-Laure Crochant, formidable jeune comédienne formée à l’école de Rennes. Aussi, deux danseurs et chorégraphes Nacera Belaza – accueillie en studio au BARC en 2003, et qui a montré sa pièce Paris-Alger à la Chapelle Fromentin – et Opiyo Okach, danseur et comédien originaire du Kenya, basé à Nairobi, que le BARC a longtemps accompagné, en coproduisant deux pièces de sa compagnie, Gaara Project, et en l’accueillant en studio à La Rochelle en 1999, pour la création d’un duo. Dromosphère a également sollicité Maryse Gautier pour les lumières, un jeune artiste plasticien, Benoît Maire, boursier au Pavillon du Palais de Tokyo l’an passé, pour la scénographie, Nicolas Barillot pour l’accompagnement sonore et Régine Chopinot pour le mouvement des corps.
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